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Route du rhum : client Enercoop, Sébastien Marsset nous raconte

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C'est depuis la Guadeloupe, fin novembre, que Sébastien Marsset a répondu à nos questions !

Passionné par les bateaux, Sébastien a démarré la vie active en travaillant sur des bateaux, « la moitié du temps, je gagnais ma vie et l’autre moitié, je la passais à dépenser l’argent gagné à faire du bateau en solitaire ».

Petit à petit, les opportunités de navigation se sont présentées. En 2009, Sébastien intègre l’équipe sponsorisée Groupama pour la préparation technique des bateaux. Deux ans plus tard, il intègre l’équipe en tant qu’équipier remplaçant pour la Volvo Ocean Race, il restera dans cette équipe pendant huit ans, avec la tentative de record autour du monde sans escale en 2015.

Pour Sébastien, ce métier, « c’est avant tout une passion. Je me sens assez privilégié de pouvoir en faire mon métier. Ça demande cependant beaucoup d’engagement, de compromis à tous points de vue : pour pouvoir les supporter, il faut que ça soit plus qu’un métier ».

En 2017, Sébastien décline une proposition de tour du monde sans escale pour un projet avec une belle escale : accueillir son premier enfant. Ensuite, une question s’est à nouveau posée : repartir naviguer en solitaire après plusieurs années en équipage, « j’ai choisi de bâtir et mener un projet en faisant La Route du rhum ».

Sur le choix du bateau et la catégorie class 40 (voilier monocoque), Sébastien se penche sur un bateau qu’il connaît car pratiqué par le passé et la cohérence pour « proposer un projet à un partenaire qui permet d’être présent sur des événements de grande ampleur ». Campings Tohapi a été son partenaire pour l’aventure.

Côté convictions, le choix du bateau n’est pas dû au hasard : « la catégorie class 40 permet aux bateaux une certaine durabilité, la catégorie ne fait pas évoluer ses règles trop vite afin que les bateaux ne deviennent pas obsolètes trop rapidement. C’est un parti pris essentiellement pour des raisons économiques, mais qui aussi rejoint les soucis que l’on a, d’un point de vue environnemental. »

Coup d’envoi de la Route du rhum le 4 novembre 2018. Course en solitaire mais qui dit solitaire ne veut pas dire solitude : « on est environ 7 ou 8 personnes à graviter autour du projet : le partenaire, le référent technique, mes proches… »

La Route du rhum, c’est combien de temps de préparation ?

Environ 10 mois : entre la réception du bateau, bien le prendre en main, les courses d’avant-saison, les entrainements, les activations avec le partenaire… La saison a été bien remplie !

Et au niveau de la préparation physique ?

La préparation physique fait partie du quotidien. Que j’aie un objectif à court, moyen ou long terme, faire du sport de manière régulière et planifiée sur l’année fait partie de mon quotidien. Garder de l’énergie à l’approche des courses, faire un travail de fond sur les périodes hivernales… Le navigateur solitaire a aussi un gros volet sur la gestion de soi en mer : réussir à se gérer, être à un niveau de lucidité le plus haut possible pour pouvoir prendre les bonnes décisions, il faut gérer le sommeil, la gestion du stress... Pour travailler tout ça, j’ai démarré la sophrologie deux ou trois mois avant le départ.

Justement, la gestion du sommeil, comment ça se passe ?

Ne pas dormir est une erreur, il faut dormir sinon on fait des bêtises rapidement. Il y a des moments où on ne peut pas dormir et des moments où on ne doit pas dormir. Tout le long de la course, on va manquer de sommeil donc dès qu’il y a une opportunité de sommeil, on la saisit. Il faut être capable de s’allonger et s’endormir dans les cinq minutes qui suivent. Grâce à la fatigue, on a la faculté de s’endormir très rapidement ! L’idée est de cumuler des siestes et de faire en sorte d’atteindre les cinq ou six heures de sommeil par tranches de 24 heures.
Pour le réveil, il faut un réveil très puissant. Parfois, on a l’impression de faire une sieste de 20 minutes et il s’avère que c’est une sieste de trois heures… Quand on est au large ce n’est pas problématique, mais quand on est proche des côtes, il y a du trafic maritime et ça peut poser problème ! À bord, il y a également plein d’alarmes programmables qui nous préviennent si jamais la force du vent augmente, si le bateau accélère ou ralentit…

En mer, il y a une connexion permanente avec une équipe à terre ?

Non, sur le bateau, il y a une connexion très bas débit dédiée essentiellement à la météo et aux médias : deux fois par jour pour la météo et j’essaie de faire un envoi journalier aux médias, en alternant du texte, de la photo, de l’audio ou de la vidéo. Pour les proches, ça se fait surtout par e-mail. La Route du rhum c’est aussi ça : la course solitaire, la compétition, vivre au rythme de la mer…

Dès le départ, les conditions météo ne sont pas simples…

Malheureusement, au bout de trois jours, j’ai eu des ennuis, la structure de la coque était cassée, je ne pouvais pas continuer face au vent et aux vagues, ça faisait trop de chocs. J’ai décidé de faire demi-tour et rentrer à Lorient pour faire réparer le bateau. Si je continuais sans faire d’escale, j’avais encore quatre ou cinq jours dans des conditions soutenues avant qu’elles s’améliorent. Perdre du temps à faire demi-tour m’en faisait gagner sur la qualité de réparation à Lorient, mon idée initiale était de repartir.
À mon arrivée, mon équipe m’attendait. Le préparateur technique avait pris des rendez-vous pour qu’il y ait un chantier à mon arrivée, un plongeur… Chacun a fait son inspection, ce qui leur a permis de voir des choses que je n’avais pas forcément vues, ils nous ont expliqué qu’il n’était pas possible de repartir sans sortir le bateau de l’eau et mettre en place un chantier qui impliquait de démonter la quille.

Après tant de mois de préparation, on imagine que c’est une grosse déception…

C’est une grosse déception. Pour autant, je n’y suis pour rien. Je me suis dit que je n’allais pas me priver de tout, des copains en Guadeloupe, ma femme et mon fils avaient leurs billets pour la Guadeloupe, on n’allait pas rester à Lorient au ponton regarder le bateau cassé. Il y avait également des opérations de prévues à l’arrivée avec le partenaire, on les a maintenues !

D’autres projets à venir ?

J’aimerais forcément que ça continue, j’ai rencontré Campings Tohapi il y a un an, notre objectif était la Route du rhum. Aujourd’hui, il n’y a rien d’écrit, on échange mais rien n’est défini. Actuellement, je travaille dessus et fais des propositions, ce qui me me semble le plus intéressant pour le partenaire, pour poursuivre la course au large.

Merci Sébastien, et bon vent pour la suite !